Les violences basées sur le genre (VBG) restent une réalité préoccupante pour les PVVIH et les populations clés. Au-delà des atteintes aux droits humains, elles compromettent l'accès aux soins, provoquent la stigmatisation et fragilisent les efforts de lutte contre le VIH. Pour renforcer la réponse communautaire, une trentaine de conseillères communautaires et d'éducatrices de paires ont constitué une session de renforcement des capacités à Yamoussoukro.
Organisée du 23 au 25 juin 2026 par le Programme National de Lutte contre le Sida (PNLS) avec l'appui du Fonds mondial, cette rencontre visait à doter les participants des outils nécessaires pour mieux prévenir, détecter et prendre en charge les cas de violences basées sur le genre touchant les personnes les plus vulnérables.
Les VBG, un défi majeur pour la riposte au VIH
Si la lutte contre le VIH a enregistré des avancées significatives en Côte d'Ivoire, les violences basées sur le genre continuent de nuire aux résultats obtenus. Les femmes vivantes avec le VIH, les travailleuses du sexe, les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, les usagers de drogues ainsi que d'autres populations clés restent particulièrement exposés aux violences, aux discriminations et aux violations de leurs droits.
Ces situations entraînent souvent un renoncement aux soins, une mauvaise observance du traitement ou encore une réticence à signaler les violences par peur de la stigmatisation.
Pour les acteurs de la riposte, améliorer la protection de ces populations est désormais une priorité de santé publique autant qu'un impératif de respect des droits humains.
Mieux identifier, orienter et accompagner les survivantes
Pendant trois jours, les participants ont été formés sur les différentes formes de violences basées sur le genre, les mécanismes nationaux de prise en charge, les procédures de référencement ainsi que les dispositions légales protégeant les survivantes.
À travers des travaux pratiques et des échanges d'expériences, elles ont également renforcé leurs compétences en matière d'écoute, d'accompagnement psychosocial et d'orientation vers les services sanitaires, sociaux, juridiques et sécuritaires.
L'objectif est clair : permettre aux organisations communautaires d'offrir une réponse rapide, coordonnée et adaptée aux besoins des PVVIH et des populations clés de violences.
« Protection Pour Tous », un outil au service des communautés
L'un des moments forts de cette session a été la présentation de la plateforme numérique Protection Pour Tous, conçue pour faciliter le signalement des violences basées sur le genre et des violations des droits humains.
Destinée aux organisations communautaires comme aux institutions de prise en charge, cette plateforme permet de documenter les cas, d'assurer un meilleur référencement des survivantes et de renforcer la coordination entre les différents acteurs.
Pour les participants, cet outil constitue une avancée majeure dans l'amélioration de la réponse communautaire, notamment auprès des personnes vivantes avec le VIH et des populations clés qui restent parmi les plus exposées aux violences.
Une mobilisation collective pour protéger les plus vulnérables
Au terme des échanges, les participants ont insisté sur la nécessité de renforcer la collaboration entre les organisations communautaires, les structures de santé, les services sociaux, les forces de sécurité et les autorités judiciaires afin de garantir une prise en charge globale des survivantes.
Ils ont également appelé à une utilisation accrue de la plateforme Protection Pour Tous, considérée comme un levier important pour améliorer le suivi des cas et faciliter l'accès des victimes aux services adaptés.
À travers cette initiative, le PNLS et ses partenaires réaffirment leur volonté de placer les droits humains au cœur de la riposte au VIH.